Rédigé par Nasira Benioual -Journal Ardbladi 
À l’heure où les grandes transformations sanitaires redéfinissent les priorités de la gouvernance mondiale, une nouvelle forme d’influence internationale s’impose progressivement : celle de la diplomatie de la santé. Dans cet espace où la science rencontre les politiques publiques globales, l’expertise médicale devient une voix essentielle.
C’est dans cette dynamique, et à l’occasion de la semaine mondiale des droits des femmes, que s’est distinguée l’intervention de la Professeure Raja Aghzadi. En sa qualité de Membre de la Fédération Internationale des Corps et Associations Consulaires (FICAC), c’est à ce titre diplomatique qu’elle a pris la parole lors de cet événement majeur de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Sa participation a été officiellement confirmée le 10 mars, marquant un jalon fort de la présence marocaine à New York.
Une expertise sans frontières : du Maroc à l’Afrique
Chirurgienne de renom et figure emblématique de la société civile, la Professeure Aghzadi incarne une expertise qui dépasse les frontières nationales. Son action acharnée, tant au Maroc qu’à l’échelle du continent africain, témoigne d’un engagement constant pour la santé des femmes. Son parcours, de Séfrou à la majoration du concours universitaire de médecine, illustre l’ascension de la femme marocaine vers les sommets de la compétence et de la diplomatie internationale.
La technologie au service de l’influence
L’intervention de la Professeure, réalisée en visioconférence depuis Casablanca, souligne une mutation majeure : la capacité de la femme marocaine à conjuguer Science et Technologie. En s’affranchissant des distances géographiques, elle a démontré que la “femme guerrière” moderne utilise les outils numériques pour porter son plaidoyer au cœur des instances internationales. Cette maîtrise technologique est le reflet du développement du Royaume sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, où l’innovation devient un levier d’autonomisation.
L’équité : au-delà de la simple égalité
Au cœur de son discours, elle a transcendé le concept d’égalité pour imposer celui de l’équité (L’équité), pilier du progrès social, articulé autour de deux axes :
L’équité biologique : Elle a insisté sur la nécessité de reconnaître la spécificité du corps féminin dans les politiques de santé. Garantir le droit à la santé exige des stratégies adaptées aux réalités physiologiques, notamment la maternité, pour une prise en charge juste et spécifique.
L’équité de gouvernance : La Professeure a pointé une réalité critique : alors que les femmes représentent plus de 70 % du secteur de la santé, elles restent minoritaires dans les cercles de décision. Or, leur vision globale et leur capacité d’écoute, cultivées au plus près des familles et de la société, sont indispensables pour une gouvernance humaine et efficace.
Un appel à réformer les politiques internationales
Pour la Professeure Aghzadi, le progrès exige une révision profonde des lois et des politiques internationales. Il ne s’agit plus seulement de proposer, mais de développer et de réformer les cadres législatifs pour placer “la femme idoine à la place idoine”. Car, comme elle l’a si bien rappelé : “Quand on émancipe la femme, c’est la société tout entière, et le monde avec elle, que l’on fait progresser.”
Conclusion : Un modèle d’inspiration
À travers cette tribune internationale, portée par son statut au sein de la FICAC, la Professeure Raja n’a pas seulement représenté la médecine marocaine ; elle a porté les espoirs d’un continent et d’une génération. Elle prouve que lorsque la femme accède aux postes de décision, elle apporte une créativité et une intelligence sociale qui transforment les systèmes de santé en véritables moteurs de développement durable.
