Protection animale, engagement de la société civile et silence institutionnel

Protection animale, engagement de la société civile et silence institutionnel
Au Maroc, la protection des animaux reste un sujet sensible. Une récente conférence de

presse organisée par Mme Meryam Sabahi, présidente de l’Organisation sociale pour la protection des animaux, a permis de croiser les regards scientifiques, juridiques et militants, tout en mettant en lumière le silence persistant de certaines institutions face aux violences animales. La société civile documente et alerte, mais les autorités clés restent absentes.
Une conférence consacrée à la protection des animaux au Maroc s’est tenue récemment, réunissant chercheurs, juristes, militants et journalistes. L’événement a révélé un constat récurrent : un décalage entre les discours officiels, le cadre juridique existant et la réalité du terrain

.
Dr Zaki Hakima a présidé la conférence, assurant son bon déroulement. L’initiative revient à Mme Meryam Sabahi, qui souhaitait ouvrir un débat public sur les violences envers les animaux et la responsabilité des institutions.
Perspectives croisées
Les interventions ont offert un éclairage complémentaire :


Pr. Omar Zidi, Écologiste, chercheur et écrivain qui lutte pour un monde plus humain et équitable, a évoqué l’importance des animaux pour l’équilibre des écosystèmes et les enjeux environnementaux.
Dr Mohamed Allali, chercheur en droits de l’homme, a mis en avant les conséquences sociales et psychologiques de la banalisation de la violence, notamment sur les enfants.
Ces analyses ont rappelé que la violence envers les animaux est intrinsèquement liée aux dynamiques sociales et éducatives plus larges.
Présence et absences institutionnelles
M. El Mustapha Aouane, représentant du ministère de la Santé, récemment muté à ce département, était présent et a promis de transmettre les préoccupations exprimées aux autorités concernées, absentes de la rencontre.
En revanche, le Ministère de l’Intérieur, l’ONSSA et l’Ordre National des Vétérinaires du Maroc (ONVM) ne se sont pas déplacés, malgré leur rôle central dans la gestion des animaux errants et leur invitation officielle. Aucune explication n’a été donnée. Plusieurs intervenants ont évoqué des méthodes d’abattage régulièrement dénoncées par des citoyens, alors que les autorités continuent de nier leur existence.

Conclusion


Cette conférence met en lumière une réalité persistante : la société civile documente et alerte, tandis que certaines institutions demeurent silencieuses. Elle illustre également le rôle croissant des chercheurs, juristes et militants dans la mise en lumière des enjeux éthiques et sociaux liés à la protection animale au Maroc.
Laila Daif, journaliste correspondante internationale France-Maroc
Représentante de la défense des droits de l’Homme
Activiste engagée dans la protection animale